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6
avril 2012.
Le
poisson d'avril de Sainte Tévéa
Chers
lectrices, chers lecteurs, il ne vous a pas échappé que le 1er
avril dernier, Sainte Tévéa nous a fait un sacré poisson :
elle a fait passer son taux sur les livres de 5,5 à 7%.
Le
fait est que, le prix des ouvrages que je publie dans le cadre des éditions
KAHUNAVISION étant fixé dès le premier exemplaire qui est déposé
à la Bibliothèque Nationale de France, la marge que je vais réaliser
sur la vente de ceux qui sommeillent dans mon stock va s’en trouver
amputée de 1,5%, cela dans un contexte économique qui n’est guère
favorable à la culture…
J’en
suis indigné, au sens Stéphane Hessel du terme.
Quand
un chef d’entreprise commet une erreur de gestion, il n’en fait supporter les conséquences
ni à ses clients, ni à ses partenaires, ni à ses distributeurs qui, par essence, n’y
sont pour rien, sinon il prend le risque que ceux-ci se détournent de
ses produits et aillent voir ailleurs.
Questions :
pourquoi cette règle ne s’applique-t-elle pas à ceux qui président
aux destinées de Sainte Tévéa ? Pourquoi font-ils payer leurs
erreurs de gestion à ceux qui n’en sont pas responsables, en
particulier aux éditeurs et aux libraires ? À
se croire au-dessus des lois du marché, à prendre les gens pour des vaches à lait, ils vont finir par se faire débarquer
et il ne faudra pas qu’ils comptent sur moi pour pleurer sur leur
sort de rapaces tellement obnubilés par leurs intérêts qu’ils ne
voient pas plus loin que le bout de leur nez.
De
façon ultime, si la valeur ajoutée est trop taxée, ceux qui la
créent, cette valeur, quitteront massivement la France pour aller la créer
ailleurs, là où elle est moins imposée. Et notre beau pays deviendra alors
ce que Michel Houellebecq a prophétisé pour lui, c’est-à-dire un
vaste parc d’attraction pour touristes chinois.
Au
moins, ça me donne de l’espoir pour le futur de ma fille :
Sainte Tévéa, priez pour elle, comme elle parle couramment le
mandarin, faite qu’elle trouve du travail dans cette France
disneylandisée. Quant à moi, j’aurai fait mon temps… Je pourrai
tranquillement refaire le monde avec mes copains du Beaufortain, tout
en dégustant un petit verre de marc de pommes au bar du Mirantin.
Contrairement à ceux qui n’ont jamais assez d’argent et qui n’hésitent
pas à plumer les autres pour satisfaire leur addiction, je suis
devenu très riche le jour où j’ai compris que je pouvais vivre
avec (presque) rien.
Patrick
Jagou, ingénieur-humaniste (ENSAM
Bo75) & gérant.
Contact
contact@kahunavision.com
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